Retraite: une affaire de solidarité
On parle à nouveau des retraites en France. Faut-il augmenter l'âge de la retraite avec l'espérance de vie? Doit-on adopter des mesures générales ou prendre en compte la "pénibilité" du travail ? Le débat ne change guère et les idées ont du mal à se renouveler.
Que signifie aujourd'hui la retraite à 60 ans? Voici quelques chiffres :
- l'espérance de vie à la naissance en France est de 80 ans environ
- les moins de 20 ans et les plus de 60 ans représentent la moitié de la population
- le taux d'emploi moyen est de 70 % environ
- En clair, les actifs travaillent la moitié de sa vie pour subvenir aux besoins de 3 personnes chacun.
Sur cette base, tous les coups semblent permis : augmenter l'âge de la retraite, les cotisations, etc.. . et bien sûr trouver une formule pour tenir compte de la "pénibilité".
J'aimerais introduire un nouveau paramètre. La pénibilité est quelque chose de réellement difficile à évaluer objectivement. On peut se représenter cet attribut du travail en regardant Les Temps Modernes. Mais doit-on aussi s'appitoyer sur le sort de Charles Azanvour dont les tournées sur scène doivent être particulièrement exténuantes. Il n'a pourtant pas encore fait valoir ses droits à la retraite malgré ses 86 ans. On peut sur ces exemples classer grossièrement le travail en 2 catégories:
- celle du travail que l'home est prêt à abandonner sans regret parce qu'il ne lui apporte rien d'autres que son salaire.
- le type de travail que l'homme est prêt à accomplir même sans être payé, ou alors qui lui apporte beaucoup d'argent et que ça lui plait.
Pour compléter, quelques observations
- J'ai rencontré pour ma part beacoup de gens de la seconde catégorie, des "workaholic" comme disent les anglo-saxons. Ils ne sont pas si rares
- l'homme déteste l'inaction, il est prêt à tout pour rester occupé, payé ou pas
- N'en déplaise aux jeunes, la maturité intellectuelle doit avoir un pic bien au-delà de 60 ans
Sans doute un peu plus compliquée à mettre en oeuvre, ma proposition est simple:
- autoriser le départ à la retraite à un âge déterminé - 55, 60, 65 ans - à déterminer par les conventions collectives professionnelles en fonction des catégories d'emploi - ceci permet une articulation relativement consensuelle sur un âge plancher (rien de nouveau jusqu'ici)
- encourager les actifs à le rester autant qu'ils le souhaitent : l'âge légal ci-dessus devient un âge minimal, pour ceux qui en ont réellement marre. On ne paie plus de cotisations de retraite passé l'âge légale, le revenu est augmenté en conséquence. On fait la promotion de ce comportement citoyen
Autres bénéfices potentiels
- matérialisation d'un effort de solidarité naturelle
- augmentation de la création globale de richesse
- disponibilité d'une ressource humaine dont nous sommes privés aujourd'hui.
- suppression de l'apparteid des seniors dont la longévité commence à agacer les "actifs" taxés jusqu'à l'os.
Après avoir écrit cela, je me suis dit que je n'avais sans doute rien inventé, cela doit déjà foncionner ainsi. Eh bien apparaemment non!
Il est formellement interdit de travailler après l'âge légal dans la fonction publique et la règle générale est que "le cumul du montant des retraites et des revenus professionnels ne doit pas dépasser un certain plafond".
Pourtant, le gouvernement a mis en place en 2003 un régime de décote / surcote qui va dans ce sens :
Ce dispositif est très discret - on ne parle guère que de la décote. Il y a donc un gros problème d'état d'esprit. On voit bien que ce n'est pas de l'argent en plsu qu'attendent "les retrraitables", mais de la considération pour leur valeur professionnelle et leur contribution sociale pour souilager les forçats du travail. L'aspect pomotionnel est donc tout particulièrement critique, mais pas hors de porté. En orientant le pouvoir des médias sur cette question plutôt que sur la désinformation au service des lobbies financiers, industriels ousionistes, on devrait y parvenir...
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